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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 22:28

Eric Zemmour avait envie de faire parler de lui, on peut dire qu’il a réussi ! Dans son dernier livre, Mélancolie française, il évoque sa nostalgie d’une France impériale. Une France (supposée) prédestinée à être l’héritière (naturelle) de Rome. Aujourd’hui, c’est l’islamisation de Saint-Denis qui est l’exemple visible d’une France qui n’a pas su assumer son glorieux destin.

melancolie francaise

Zemmour avoue qu’il a commencé à travailler sur ce livre depuis deux ans, il réfute donc un quelconque opportunisme lié au débat sur l’identité nationale – qui au passage a réussi à montrer aux français ce qu’ils ne sont pas (des gens voilés intégralement entre autres) plutôt que de dévoiler (c’est le cas de le dire) ce que serait « être français ». Ce travail long de deux ans semble être l’épilogue de l’œuvre de Zemmour.

 

Zemmour a profité de la vitrine offerte chaque samedi soir chez Laurent Ruquier, où semaine après semaine, il a affirmé sa position de réactionnaire de droite, définitivement décomplexé.

 

Je reconnais l’écouter (lui et Naulleau) chaque samedi, je reconnais également qu’il dit des choses souvent intéressantes, du moins qui permettent d’enrichir un débat. Je ne suis donc pas un anti-Zemmour primaire. Je ne suis d’ailleurs pas – par principe – un anti quelqu’un ou quelque chose. Partons du principe qu'il est essentiel d'écouter tout le monde, développer du raisonnement, un dialogue, sur base des idées, et non sur base du pedigree de ceux qui les promeuvent. En effet, il y a ce vieux réflexe « gauchiste »  (que je condamne) qui est de tout connaître de son interlocuteur, son parcours, – si besoin lui supposer un « for intérieur » mal intentionné – pour retraduire ensuite son message et ses arguments à une sauce bien plus obscure (et non politiquement correcte). On ne va loin avec aucun extrémiste, qu’ils soient de gauche, de droite, religieux, …

Zemmour ne se prive pas de rappeler que les associations satellites du PS (SOS racisme, Touche pas à mon pote, …) ont, pendant de longues années, verrouillé la pensée « de droite » (sur certaines sujets). Il n’a sans doute pas tort, et c’est ce qui explique pourquoi aujourd’hui on se ramasse la droite décomplexée (limite fasciste, mais – ironie du sort – pas spécialement plus que la gauche, ou « une certaine gauche »), en plein visage ! Le débat sur l’identité nationale semble être l’ouverture d’une ère nouvelle. 

Puisque la boite de Pandore est ouverte, allons-y gaiement !

 

 

Mélancolie française ou les derniers sanglots de l’homme blanc 

Cela étant dit, venons-en au personnage d’Eric Zemmour et son bouquin : selon les critiques, la partie historique est intéressante (j’avoue que j’aurais bien aimé m’instruire à propos de cette supposée grandeur de la France, et des « aléas » de l’histoire qui ont empêché sa suprématie sur l’Europe – voire sur le monde –, c’est toujours intéressant). Néanmoins, son exposé a l’air de se terminer par des relents primaires stigmatisant toujours les mêmes. Pour le coup du non-politiquement correct, Zemmour a quelque part déçu. 

Plusieurs titres auraient pu illustrer son œuvre, parmi lesquels « les derniers sanglots de l’homme blanc » suggéré par le journaliste Frédéric Bonneau (sur le plateau de l’Objet du scandale sur France 2, animé par Guillaume Durand – le débat est disponible en bas de page). Bonneau dépeint une vision alarmante, phantasmatique selon lui, qu’aurait Zemmour de la France. Et je ne cache pas partager son point de vue. 

Zemmour a l’image de quelqu’un de brillant, bien que controversé (justement peut-être parce qu’il est quelque part « brillant »), et pour analyser un personnage qui n’hésite pas à s’enorgueillir de faire partie d’une certaine culture (littéraire entre autres), voire d’une certaine érudition – il est par exemple expert numéro un autoproclamé de l’histoire de la tradition française, enrichie de sa propre interprétation –, il est intéressant de noter les « coquilles intellectuelles » qui trahissent l'objectivité du personnage. C'est-à-dire des éléments qui, lorsqu’ils sont confrontés à la réalité, sont tout simplement faux, inconsistants, et non documentés. En bref, rien de tangible.

 

Ces « coquilles » semblent mettre en avant un postulat de départ qui est à un degré au dessus du niveau de l’inconscient.

 

Je trouve ça très amusant de voir certaines personnes qui ont « pour vocation » de conspuer le politiquement correct, prendre la défense de Zemmour (comme s’il en avait besoin) – lui qui a liberté de parole sur I-Télé, RTL, le Figaro, et France 2 – et d’en faire éventuellement une victime. 

Je ne vais pas revenir sur ses frasques à propos des « arabo-musulmans-africains » (l’entité abstraite néfaste, décrite quasi mot à mot par Zemmour), mais quand même il faut avoir un peu de bon sens. La scène politique se « droitise » sans complexe, les tabous sont levés (pas n’importe lesquels bien entendu, suivez la politique de la maison  blanche et vous comprendrez), et « les agents du système » (au sens très large, ne pas me faire un procès crétin de conspirationnisme) vendent ce que leurs patrons leur demande. C’est tout. 

Je le dis : je n’ai pas de souci à ce que Zemmour critique ceux qu’il a choisi de critiquer ; fondé ou pas je laisse encore le soin d’apprécier. Par contre, il faut être honnête de dire que toutes les critiques ne sont pas permises par n’importe qui envers n’importe qui. Pour ne pas le citer, Dieudonné est régulièrement privé de représentations en raison d’un supposé antisémitisme. Par contre Zemmour a libre antenne. Il a le droit d’employer un ton très sérieux, dans un livre qui se veut sérieux, au risque de choquer : « que vous le vouliez ou non, c’est ainsi que ça se passe », se plait-il a répéter sur les plateaux télé.

 

On peut affirmer que la nuance et la pondération ne rentrent pas spécialement dans le champ lexical de l’idée qu’il se fait de la « neutralité » (sans blague ?) journalistique.

 

Et si ses conclusions s’avèrent stigmatisantes pour une communauté en particulier (note : c’est toujours la même), il le déplore et renvoie l’hérésie de la situation à une France qui a trahi ses valeurs et qui a permis – entre autres – qu’on nomme ses enfants Mohammed ou Diallo. C’est bien, au moins ce n’est pas totalement de la faute des « arabo-musulmans-africains » dont il reconnait qu’au fond, ils n’en peuvent rien, puisque ce sont leurs parents qui ne leur ont pas rendu service en se trompant (sic) … 

L’assimilation selon Zemmour, c’est toute une histoire ! 

Au fait, parmi les noms les plus donnés en France au premier semestre 2009, on retrouve dans le top 3 : Luca et Enzo. Y a comme un problème … Pas assez français tout ça. Ces italiens qu’on a assimilé dans le passé et dont les français reprennent aujourd’hui leurs prénoms (sacrilège sacrilège !!). Choqué monsieur Zemmour ? Et le pauvre Zinedine Zidane qui pensait être parfaitement assimilé ! Il ne lui manquait pourtant pas grand-chose. 

Note : les enfants de Zidane s’appellent Luca, Enzo, Theo, et Ilhyes (hein ? comment le dernier !?).

 

 

La langue du diable 

Je ne peux omettre de noter dans cet article, la pensée la plus profonde d’Eric Zemmour, celle qui semble traduire toute la philosophie zemmourienne.

 

Je cite :

 

« Les familles musulmanes interdisent à leurs enfants de parler le français à la maison … car c’est la langue du diable ! »

 

C’est très amusant qu’il dise cela. Au-delà du fait que ça n’a aucun sens (ne me dites pas qu’il se cache dans les cages d’escalier pour épier ce qui se dit chez les « arabo-musulmans-africains »), il acquiesçait sans difficultés, face à Tariq Ramadan*, que les jeunes des banlieues ne parlaient pas l’arabe. Alors pourquoi dit-il cela ? Dans un livre qui se veut sérieux, ça fait tache. Pourquoi se rabaisser au niveau de Caroline Fourest (dans le mensonge de très bas étage) dans un livre qui nécessite pourtant une certaine érudition (au niveau de l’histoire principalement) ? Est-ce pour « frapper un grand coup » afin de confirmer son postulat de départ ? A savoir, les minorités « ethnico-religieuses » qui ont pris le pouvoir dans une France qui n’a pas su assumer son glorieux destin ? C’est effrayant, et pourtant je n’ai pas l’impression d’en rajouter ou de corrompre son propos ! 

Je signale que Zemmour a tenu un discours abracadabrantesque (expression gaulliste) un soir où il ne fut pas couché chez Laurent Ruquier**, développant la thèse d’Elisabeth Levy – qu’elle exprimait avec moins de talent que son « partenaire d’un soir » –, avec pour contradicteurs Robert Ménart (co-auteur du livre avec Elisabeth Levy) ... et Eric Naulleau ! Une soirée un peu surréaliste où Zemmour confirmait que si l’antisémitisme d’antan (pré-45) a bel et bien disparu en France, il réapparait aujourd’hui sous une autre forme … dans les banlieues bien entendu !

 

* Tarik Ramadan VS Zemmour et Naulleau
** Les français sont-ils antisémites ? (Zemmour - Levy Vs Naulleau - Ménard)
 

 

Il n’y a absolument aucune contradiction dans le personnage d’Eric Zemmour. Quant à sa culture et son érudition, tout est à nuancer car nul n’est infaillible, pas  même « le critique le plus redouté du PAF » ! 

Lorsqu’Eric Zemmour se retrouve face à Tariq Ramadan le professeur de littérature, il se retrouve par exemple beaucoup moins éloquent, ou du moins, beaucoup moins affirmatif. La pertinence de Zemmour serait-elle proportionnelle à la rhétorique de ses contradicteurs ? La question mérite d’être posée car il n’y a pas que des génies qui sont invités chez Laurent Ruquier. On se remémore la grande éloquence de Zemmour face à Doc Gyneco, impressionnant …
 

Cela reste amusant : il fustige dès qu’il en a l’occasion le manque de culture (voire de talent) des artistes (ou revendiqués artistes) qui viennent vendre « leur truc » chez Ruquier, et pourtant la médiocrité supposée des invités (qu’il se plait à tordre dans tous les sens) doit franchement lui faire relativiser son supposé talent critique !

 

 

Zemmour, hérétique de droite ?  

Le point d’orgue de son raisonnement semble être la vision qu’il a du modèle français : une France qu’il a décidé d’arrêter à un moment t0 de l’histoire (Zemmour aurait aimé vivre en 1800, alors que 6 milliards d’individus vivent en 2010), et dont il s’autoproclame – implicitement – l’héritier.
 

N’est-il pas surprenant que ses conclusions épousent directement la ligne des néoconservateurs, bien qu’il arrive par « de l’autre côté » ? Les uns viennent du marxisme-stalinisme, les autres (une minorité dont Zemmour se veut apparemment le fer de lance) du Gaullisme (ou une vision zemmourienne du Gaullisme).

 

Mais l’arrivée est la même : dénoncer le danger venant définitivement de l’islamisation de la France, voire de l’Europe.

 

Pour un journaliste au Figaro, il n’y a pas grand-chose de subversif, vous en conviendrez.

 

Un journaliste digne de ce nom ne doit-il pas avoir une vue plus globale ? Zemmour se défend d’être stupide, mais je sais qu’il n’est pas stupide ! Les flux migratoires sont la résultante de politiques internationales, globalisantes et mondialistes. L’argent se déplaçant du Sud vers le Nord, il est normal qu’une partie de la population suive ce flux, ne fusse que par réflexe naturel de se nourrir … et/ou de tenter de survivre ! 

N’en déplaise aux assimilationnistes, les particularismes ne peuvent disparaître. Ce serait définitivement la solution de facilité pour les impérialistes : recréer la « Nouvelle Rome » sur base de l’alliance transatlantique (et son bastion israélien aux portes de l’Orient) – la France étant un vulgaire vassal, et une réserve potentielle d’hommes à envoyer au front au fin fond de l’Afghanistan (glorieuse France, n’est-ce pas monsieur Zemmour ?). Heureusement que tous ne sont pas d’avis de « romaniser les barbares », une idée qui n’a définitivement plus de sens au XXIe siècle (son promoteur principal vivant au début du XIXe) au sein de peuples aculturés, ou plutôt des peuples qui ont choisi (l’ont-ils vraiment choisi ?) le modèle américain : génération malbouffe, surconsommation (des produits de l’Empire), et pauvreté artistique.

Monsieur Zemmour, qui est le responsable de cette mondialisation que vous conspuez ? Réponse de l’intéressé lors de l’émission du 14 février (face à Bernard-Henry Levy) : « C’est la finance internationale qui dirige le monde. » Ah bon ? Qui ça ? La finance internationale ? Vous me parlez d’une entité abstraite là ; il y a quand même des gens qui prennent des décisions au nom de ce que vous appelez « finance internationale », et de ce qui en est communément connu. Qui sont-ils ?

 

Faites votre enquête, et vous verrez que vous serez loin des « arabo-musulmans-africains » (responsables à leur insu) des maux de la France que vous chérissez tant.

 

Un conseil : au bout de votre enquête, évitez de stigmatiser l’éventuelle communauté susceptible d’être majoritaire (je dis bien susceptible, c’est vous le journaliste, pas moi !) de « se cacher » derrière (ou au sein d’) une entité que vous avez si peu de courage à décrire avec plus de précisions. Il vous en coûterait certes bien plus cher que de prendre pour cible une population issue de l’immigration, mais définitivement américanisée culturellement ! 

Au moins grâce à Zemmour tout le monde saura qui est Richelieu (un argument qui risque de revenir pendant des semaines). Les jeunes des banlieues seront un peu moins incultes grâce à Zemmour … Merci oncle Zem’ !
 

Le syndrome du siège de la Rochelle : Fantasme névrotique ? Les salafistes sont-ils les nouveaux huguenots ? Tant qu’on n’aura pas stoppé le financement saoudien visant proclamer l’émirat de Saint-Denis, Zemmour va continuer à faire des cauchemars …


la_rochelle.jpg

 

Aux plus avisés de comprendre pour le compte de qui Zemmour parle (qui signe les chèques à la fin du mois ?), et aux plus avisés de comprendre la globalité de son discours.

 

Douce France …



L’objet du scandale : Zemmour face à Gérard Miller et Frédéric Bonneau

 


2e partie

 


3e partie




 

Quand Zemmour ouvre les portes du politiquement incorrect : « La plupart des trafiquants sont noirs et arabes » ...

fmi_zemmour.jpg


 

Grand jeu concours : « C’est-qui-qui-a-dit-ça ? »


francais_langue_du_diable.jpg 


Les illusions perdues de Clovis et Charles Martel,
par Eric Zemmour (chez Fayard, Denoël)

melancolie_francaise-copie-1.jpg

 

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Published by Génération M - dans Réflexions sur l'actu
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yacyn 16/03/2010 23:01


Merci kho pour ta clairvoyance. ET continue inchallah


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