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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 15:53

Avec un titre pareil, la brigade du net – celle à la traque des « antisémites »  – peut être aux aguets. Calmez-vous les gars, cet article à tout pour plaire !


 

Premièrement : c’est un Juif, professeur d’histoire à l’université de Tel Aviv qui s’exprime, M. Shlomo Sand. Ce dernier démonte magistralement un mythe qui est sans doute assez connu (de ceux qui ont étudié la question) mais à propos duquel peu osent s’exprimer – sous peine d’être traité de « nazi ».

Deuxièmement :
le corps de cet article a été publié dans Le Monde Diplomatique, une presse pas spécialement antisémite et – je pense – crédible aux yeux de l’opinion publique. 

Troisièmement :
Luc Ferry, dans la deuxième vidéo ci-dessous, nous parle d’un livre passionnant et confirme la pertinence de cette thèse par ces mots :

 

« Il a peut-être raison Shlomo Sand, mais ce n’est pas le moment de le dire : il ne faut pas dire la vérité car (dans le contexte actuel) ça dessert l’état d’Israël »

 

Qu’y a-t-il d’autre à ajouter ? A-t-on vraiment besoin plus loin pour comprendre ?

 

Personnellement je veux bien décortiquer cette (courte et brève) intervention ; pour une fois qu’on dit des choses intéressantes sur TF1 (via LCI) !


Note : Luc Ferry commence sa citation par : « des amis me disent ... » ; cela ne change rien dans le sens où ce n'est pas l'homme, Luc Ferry, que je condamne, mais bien les propos ; qu'ils soient de ses amis où qu'il les partage, je m'en moque éperdument. Cela reste un discours qui  – semble-t-il – circule dans « les milieux sionistes », et qui ont atteri sur LCI. Je fais partie de ceux qui ne demandent pas mieux que d'en débattre !
 

1. « Il ne faut pas dire la vérité » ; bon ça on le sait. Coluche le disait en son temps : « On ne peut pas dire la vérité à la télé car trop de gens la regardent ». Pas de problème avec ça, la télé ça ne sert pas à s’informer c’est bien connu. Si ce n’est informer les « civilisés » du monde d’Aldous Huxley – « le meilleur des mondes ». 

Mais Luc Ferry (répétant ce que disent ses amis) est plus précis encore :

2. « car dans le contexte actuel »
 ; le contexte actuel c’est « opération plomb durci », les bombes au phosphore blanc, les territoires occupés, les nouvelles colonies, les expropriations – entre autres – à Jérusalem-Est, et tout ce qui se poursuit (exils, génocides, camps de concentration de réfugiés, etc.) depuis plus de 60 ans. 



3. « ça dessert l’Etat d’Israël »
 ; ah ben merde alors ! Nous avons donc une occupation militaire dans un territoire volé, sur la base d’un mythe (le soi-disant « retour » alors que la grande majorité des Juifs n’aurait – selon Sand – AUCUN lien avec la terre de Palestine) et d’un mensonge. Cela est le fondement et la pierre angulaire du sionisme, soit un véritable régime d’occupation militaire, d’invasion. Une politique d’Apartheid faisant fi de toutes les conventions internationales. C’est précisément ce régime fasciste, voleur, et menteur, qui se présente comme la victime, comme l’état agressé.

 

Il est évident que ces quelques éclaircies venant d’une personnalité juive respectée, desserve cet état supposé agressé. Mais est-ce une raison suffisante pour ne pas dire la vérité ? La question est stupide évidemment. Pourquoi ne devrait-on pas desservir un état en particulier ? Etat criminel de surcroit. C’est un peu comme si en 1943 on avait dit que « dire la vérité à propos du régime nazi desservait le 3e Reich ». C’est assez effrayant d’entendre dès choses pareilles. Cela dit, nous voyons bien que dès que les sionistes ne peuvent plus traiter un « opposant » (d’antisémite), ils sont vite démunis. 

Cela prouve sans doute la fin annoncée (et proche) du sionisme et de l’occupation … inch’Allah ya Rabbi-l-âlamine (ô Seigneur des Univers) !

 

 

Shlomo Sand, « Comment le peuple juif fut inventé » 

Shlomo Sand est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel Aviv, il est l’auteur d’un livre détonnant qui remet en cause la politique identitaire de son pays, Israël.

L’auteur y remet en question l’origine du peuple juif et démontre comment celui-ci fut inventé sous la plume d’historiens juifs du XIXe siècle. 

Paru au printemps 2008 en Israël, « Comment le peuple juif fut inventé » y est rapidement devenu un best-seller et donna lieu à des débats orageux qui ne manqueront pas de se poursuivre

 

 

Extrait d'une interview sur France Inter de Shlomo Sand




Débat sur LCI avec Luc Ferry


 

Comme lu dans un commentaire sur cette vidéo : « Voila à quoi ressembleraient les émissions de télé sans le sionisme ». Certes, on n’a pas l’habitude de voir ça à la té-levy-sion (cryptogramme assez sympa), même si le contenu reste une apologie très prononcée – on peut même dire « ultra-radicale » – du sionisme. Nous pouvons constater que le combat devient vraiment compliqué quand on ne peut utiliser le chantage à l’antisémitisme. 

A 6’30", Luc Ferry nous explique pourquoi il ne faut pas dire la vérité … et il ajoute en plus – sans aucune gêne apparente :

 

« Et puis, ça va plutôt être utilisé par des Palestiniens qui ne seront pas forcément bienveillants »

 

On y est définitivement, la boucle est bouclée : les Palestiniens DOIVENT crever ! 

Qu’est-ce donc, monsieur Luc Ferry, qu’un Palestinien « pas forcément bienveillant » ? A moins que j’aie un niveau de susceptibilité exacerbé, j’entends qu’un « Palestinien pas forcément bienveillant » – selon Ferry (ou ses amis) – serait tout simplement un résistant, soit un déporté (ou exilé) non résigné : quelqu’un qui se bat en dépit des humiliations, du mur, des checkpoints, de l’étranglement économique. Quelqu’un qui résiste tout simplement à l’occupation militaire de son pays, de sa terre.

Veuillez noter qu’il n’a pas dit « utilisé par des palestiniens antisémites », c’est un piège dans lequel il n’est pas tombé.

 

« Par orgueil sur terre et par manoeuvre perfide. Cependant, la manoeuvre perfide n'enveloppe que ses propres auteurs. Attendent-ils donc un autre sort que celui des Anciens ? Or, jamais tu ne trouveras de changement dans la règle d'Allah, et jamais tu ne trouveras de déviation dans la règle d'Allah »

[Sourate 35 v43. Traduction relative et rapprochée du sens du verset]

 

 

Publié il y a exactement un an (août 2008) dans Le Monde Diplomatique, un texte que tout le monde devrait lire. Il s’agit d’un résumé de la thèse du livre de Shlomo Sand :

 

Déconstruction d’une histoire mythique : comment fut inventé le peuple juif 

Les Juifs forment-ils un peuple ? A cette question ancienne, un historien israélien apporte une réponse nouvelle. Contrairement à l’idée reçue, la diaspora ne naquit pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient. Voilà qui ébranle un des fondements de la pensée sioniste, celui qui voudrait que les Juifs soient les descendants du royaume de David et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars.

 

Par Shlomo Sand 

Tout Israélien sait, sans l’ombre d’un doute, que le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah* dans le Sinaï, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Egypte, s’est fixé sur la « terre promise », où fut édifié le glorieux royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël. De même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à deux reprises : après la destruction du premier temple, au VIe siècle avant J.-C., puis à la suite de celle du second temple, en l’an 70 après J.C. 

* Texte fondateur du judaïsme, la Torah — la racine hébraïque yara signifie enseigner — se compose des cinq premiers livres de la Bible, ou Pentateuque : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome.

 

S’ensuivit pour lui une errance de près de deux mille ans : ses tribulations le menèrent au Yémen, au Maroc, en Espagne, en Allemagne, en Pologne et jusqu’au fin fond de la Russie, mais il parvint toujours à préserver les liens du sang entre ses communautés éloignées. Ainsi, son unicité ne fut pas altérée. A la fin du XIXe siècle, les conditions mûrirent pour son retour dans l’antique patrie. Sans le génocide nazi, des millions de Juifs auraient naturellement repeuplé Eretz Israël (« la terre d’Israël ») puisqu’ils en rêvaient depuis vingt siècles. 

Vierge, la Palestine attendait que son peuple originel vienne la faire refleurir. Car elle lui appartenait, et non à cette minorité arabe, dépourvue d’histoire, arrivée là par hasard. Justes étaient donc les guerres menées par le peuple errant pour reprendre possession de sa terre ; et criminelle l’opposition violente de la population locale.

D’où vient cette interprétation de l’histoire juive ?

 

Elle est l’œuvre, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, de talentueux reconstructeurs du passé, dont l’imagination fertile a inventé, sur la base de morceaux de mémoire religieuse, juive et chrétienne, un enchaînement généalogique continu pour le peuple juif.

 

L’abondante historiographie du judaïsme comporte, certes, une pluralité d’approches. Mais les polémiques en son sein n’ont jamais remis en cause les conceptions essentialistes élaborées principalement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. 

Lorsque apparaissaient des découvertes susceptibles de contredire l’image du passé linéaire, elles ne bénéficiaient quasiment d’aucun écho. L’impératif national, telle une mâchoire solidement refermée, bloquait toute espèce de contradiction et de déviation par rapport au récit dominant. Les instances spécifiques de production de la connaissance sur le passé juif — les départements exclusivement consacrés à l’« histoire du peuple juif », séparés des départements d’histoire (appelée en Israël « histoire générale ») — ont largement contribué à cette curieuse hémiplégie. Même le débat, de caractère juridique, sur « qui est juif ? » n’a pas préoccupé ces historiens : pour eux, est juif tout descendant du peuple contraint à l’exil il y a deux mille ans. 

Ces chercheurs « autorisés » du passé ne participèrent pas non plus à la controverse des « nouveaux historiens », engagée à la fin des années 1980. La plupart des acteurs de ce débat public, en nombre limité, venaient d’autres disciplines ou bien d’horizons extra-universitaires : sociologues, orientalistes, linguistes, géographes, spécialistes en science politique, chercheurs en littérature, archéologues formulèrent des réflexions nouvelles sur le passé juif et sioniste. On comptait également dans leurs rangs des diplômés venus de l’étranger. Des « départements d’histoire juive » ne parvinrent, en revanche, que des échos craintifs et conservateurs, enrobés d’une rhétorique apologétique à base d’idées reçues.

 

 

Le judaïsme, religion prosélyte 

Bref, en soixante ans, l’histoire nationale a très peu mûri, et elle n’évoluera vraisemblablement pas à brève échéance. Pourtant, les faits mis au jour par les recherches posent à tout historien honnête des questions surprenantes au premier abord, mais néanmoins fondamentales. 

La Bible peut-elle être considérée comme un livre d’histoire ? Les premiers historiens juifs modernes, comme Isaak Markus Jost ou Leopold Zunz, dans la première moitié du XIXe siècle, ne la percevaient pas ainsi : à leurs yeux, l’Ancien Testament se présentait comme un livre de théologie constitutif des communautés religieuses juives après la destruction du premier temple. Il a fallu attendre la seconde moitié du même siècle pour trouver des historiens, en premier lieu Heinrich Graetz, porteurs d’une vision « nationale » de la Bible : ils ont transformé le départ d’Abraham pour Canaan, la sortie d’Egypte ou encore le royaume unifié de David et Salomon en récits d’un passé authentiquement national. Les historiens sionistes n’ont cessé, depuis, de réitérer ces « vérités bibliques », devenues nourriture quotidienne de l’éducation nationale.

 

Mais voilà qu’au cours des années 1980 la terre tremble, ébranlant ces mythes fondateurs. Les découvertes de la « nouvelle archéologie » contredisent la possibilité d’un grand exode au XIIIe siècle avant notre ère.

 

De même, Moïse n’a pas pu faire sortir les Hébreux d’Egypte et les conduire vers la « terre promise » pour la bonne raison qu’à l’époque celle-ci... était aux mains des Egyptiens. On ne trouve d’ailleurs aucune trace d’une révolte d’esclaves dans l’empire des pharaons, ni d’une conquête rapide du pays de Canaan par un élément étranger. 

Il n’existe pas non plus de signe ou de souvenir du somptueux royaume de David et de Salomon. Les découvertes de la décennie écoulée montrent l’existence, à l’époque, de deux petits royaumes : Israël, le plus puissant, et Juda, la future Judée. Les habitants de cette dernière ne subirent pas non plus d’exil au VIe siècle avant notre ère : seules ses élites politiques et intellectuelles durent s’installer à Babylone. De cette rencontre décisive avec les cultes perses naîtra le monothéisme juif. 

L’exil de l’an 70 de notre ère a-t-il, lui, effectivement eu lieu ?

 

Paradoxalement, cet « événement fondateur » dans l’histoire des Juifs, d’où la diaspora tire son origine, n’a pas donné lieu au moindre ouvrage de recherche.

 

Et pour une raison bien prosaïque : les Romains n’ont jamais exilé de peuple sur tout le flanc oriental de la Méditerranée. A l’exception des prisonniers réduits en esclavage, les habitants de Judée continuèrent de vivre sur leurs terres, même après la destruction du second temple. 

Une partie d’entre eux se convertit au christianisme au IVe siècle, tandis que la grande majorité se rallia à l’islam lors de la conquête arabe au VIIe siècle. La plupart des penseurs sionistes n’en ignoraient rien : ainsi, Yitzhak Ben Zvi, futur président de l’Etat d’Israël, tout comme David Ben Gourion, fondateur de l’Etat, l’ont-ils écrit jusqu’en 1929, année de la grande révolte palestinienne.

 

Tous deux mentionnent à plusieurs reprises le fait que les paysans de Palestine sont les descendants des habitants de l’antique Judée*.

 

* Cf. David Ben Gourion et Yitzhak Ben Zvi, « Eretz Israël » dans le passé et dans le présent (1918, en yiddish), Jérusalem, 1980 (en hébreu) et Ben Zvi, Notre population dans le pays (en hébreu), Varsovie, Comité exécutif de l’Union de la jeunesse et Fonds national juif, 1929.

 

A défaut d’un exil depuis la Palestine romanisée, d’où viennent les nombreux Juifs qui peuplent le pourtour de la Méditerranée dès l’Antiquité ? Derrière le rideau de l’historiographie nationale se cache une étonnante réalité historique. De la révolte des Maccabées, au IIe siècle avant notre ère, à la révolte de Bar-Kokhba, au IIe siècle après J.-C, le judaïsme fut la première religion prosélyte. Les Asmonéens avaient déjà converti de force les Iduméens du sud de la Judée et les Ituréens de Galilée, annexés au « peuple d’Israël ». Partant de ce royaume judéo-hellénique, le judaïsme essaima dans tout le Proche-Orient et sur le pourtour méditerranéen. Au premier siècle de notre ère apparut, dans l’actuel Kurdistan, le royaume juif d’Adiabène, qui ne sera pas le dernier royaume à se « judaïser » : d’autres en feront autant par la suite. 

Les écrits de Flavius Josèphe ne constituent pas le seul témoignage de l’ardeur prosélyte des Juifs. D’Horace à Sénèque, de Juvénal à Tacite, bien des écrivains latins en expriment la crainte. La Mishna et le Talmud* autorisent cette pratique de la conversion — même si, face à la pression montante du christianisme, les sages de la tradition talmudique exprimeront des réserves à son sujet. 

* La Mishna, considérée comme le premier ouvrage de littérature rabbinique, a été achevée au IIe siècle de notre ère. Le Talmud synthétise l’ensemble des débats rabbiniques concernant la loi, les coutumes et l’histoire des Juifs. Il y a deux Talmud : celui de Palestine, écrit entre le IIIe et le Ve siècle, et celui de Babylone, achevé à la fin du Ve siècle.

 

La victoire de la religion de Jésus, au début du IVe siècle, ne met pas fin à l’expansion du judaïsme, mais elle repousse le prosélytisme juif aux marges du monde culturel chrétien. Au Ve siècle apparaît ainsi, à l’emplacement de l’actuel Yémen, un royaume juif vigoureux du nom de Himyar, dont les descendants conserveront leur foi après la victoire de l’islam et jusqu’aux temps modernes. De même, les chroniqueurs arabes nous apprennent l’existence, au VIIe siècle, de tribus berbères judaïsées : face à la poussée arabe, qui atteint l’Afrique du Nord à la fin de ce même siècle, apparaît la figure légendaire de la reine juive Dihya el-Kahina, qui tenta de l’enrayer. Des Berbères judaïsés vont prendre part à la conquête de la péninsule Ibérique, et y poser les fondements de la symbiose particulière entre juifs et musulmans, caractéristique de la culture hispano-arabe.

 

La conversion de masse la plus significative survient entre la mer Noire et la mer Caspienne : elle concerne l’immense royaume khazar, au VIIIe siècle.

 

L’expansion du judaïsme, du Caucase à l’Ukraine actuelle, engendre de multiples communautés, que les invasions mongoles du XIIIe siècle refoulent en nombre vers l’est de l’Europe. Là, avec les Juifs venus des régions slaves du Sud et des actuels territoires allemands, elles poseront les bases de la grande culture yiddish*. 

* Parlé par les Juifs d’Europe orientale, le yiddish est une langue slavo-allemande comprenant des mots issus de l’hébreu.

 

Ces récits des origines plurielles des Juifs figurent, de façon plus ou moins hésitante, dans l’historiographie sioniste jusque vers les années 1960 ; ils sont ensuite progressivement marginalisés avant de disparaître de la mémoire publique en Israël. Les conquérants de la cité de David, en 1967, se devaient d’être les descendants directs de son royaume mythique et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars. Les Juifs font alors figure d’« ethnos » spécifique qui, après deux mille ans d’exil et d’errance, a fini par revenir à Jérusalem, sa capitale. 

Les tenants de ce récit linéaire et indivisible ne mobilisent pas uniquement l’enseignement de l’histoire : ils convoquent également la biologie.

 

Depuis les années 1970, en Israël, une succession de recherches « scientifiques » s’efforce de démontrer, par tous les moyens, la proximité génétique des Juifs du monde entier.

 

La « recherche sur les origines des populations » représente désormais un champ légitimé et populaire de la biologie moléculaire, tandis que le chromosome Y mâle s’est offert une place d’honneur aux côtés d’une Clio juive* dans une quête effrénée de l’unicité d’origine du « peuple élu ». 

* Dans la mythologie grecque, Clio était la muse de l’Histoire.

 

Cette conception historique constitue la base de la politique identitaire de l’Etat d’Israël, et c’est bien là que le bât blesse ! Elle donne en effet lieu à une définition essentialiste et ethnocentriste du judaïsme, alimentant une ségrégation qui maintient à l’écart les Juifs des non-Juifs — Arabes comme immigrants russes ou travailleurs immigrés. 

Israël, soixante ans après sa fondation, refuse de se concevoir comme une république existant pour ses citoyens. Près d’un quart d’entre eux ne sont pas considérés comme des Juifs et, selon l’esprit de ses lois, cet Etat n’est pas le leur. En revanche, Israël se présente toujours comme l’Etat des Juifs du monde entier, même s’il ne s’agit plus de réfugiés persécutés, mais de citoyens de plein droit vivant en pleine égalité dans les pays où ils résident.

 

Autrement dit, une ethnocratie sans frontières justifie la sévère discrimination qu’elle pratique à l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant le mythe de la nation éternelle, reconstituée pour se rassembler sur la « terre de ses ancêtres ».

 

Ecrire une histoire juive nouvelle, par-delà le prisme sioniste, n’est donc pas chose aisée. La lumière qui s’y brise se transforme en couleurs ethnocentristes appuyées. Or les Juifs ont toujours formé des communautés religieuses constituées, le plus souvent par conversion, dans diverses régions du monde : elles ne représentent donc pas un « ethnos » porteur d’une même origine unique et qui se serait déplacé au fil d’une errance de vingt siècles. 

Le développement de toute historiographie comme, plus généralement, le processus de la modernité passent un temps, on le sait, par l’invention de la nation. Celle-ci occupa des millions d’êtres humains au XIXe siècle et durant une partie du XXe. La fin de ce dernier a vu ces rêves commencer à se briser. Des chercheurs, en nombre croissant, analysent, dissèquent et déconstruisent les grands récits nationaux, et notamment les mythes de l’origine commune chers aux chroniques du passé. Les cauchemars identitaires d’hier feront place, demain, à d’autres rêves d’identité. A l’instar de toute personnalité faite d’identités fluides et variées, l’histoire est, elle aussi, une identité en mouvement.

 

Shlomo Sand

 

Retrouvez ce texte sur Le Monde Diplomatique

 


Il va de soi que sur base de cette analyse, l’antisémitisme est – bien entendu – un faux procès. Les véritables descendants des sémites étant – vraisemblablement – les palestiniens de Palestine. Le comble du mensonge (et de l’ignorance) est bel et bien d’accuser d’antisémite quelqu’un qui dénonce la politique israélienne, et qui serait donc pro-palestinien.

 

«  La plupart des Palestiniens d’aujourd’hui ont probablement plus de sang hébreu dans le petit doigt que la plupart des Juifs occidentaux dans tout le corps »

- Paul Elsen, Juif britannique -

 

Pour le moment nous (les défenseurs de la justice) endurons les calomnies ; ce qui est physiquement moins éprouvant que le phosphore blanc, et moralement moins pénible que les souffrances au quotidien des malheureux palestiniens. 

Aujourd’hui, la vérité est exposée – parfois même jusqu’au « grand public »  (même si ça ne reste « que » LCI) – mais reste étouffée dans la propagande internationale. 

A nous de continuer ce travail de contre-propagande, « pour une fois » on ne nous traitera plus d’ « antisémites » : toda adoni Shlomo Sand !

* Merci monsieur Shlomo Sand !



Bonus : Shlomo Sand chez Taddei

Shlomo Sand Vs Meyer Habib (CRIF)




Les nouveaux historiens




« Et ils demandèrent [à Allah] la victoire. Et tout tyran insolent fut déçu.
L'Enfer est sa destination et il sera abreuvé d'une eau purulente qu'il tentera d'avaler à petites gorgées. Mais c'est à peine s'il peut l'avaler. La mort lui viendra de toutes parts, mais il ne mourra pas; et il aura un châtiment terrible »

[Sourate 14 v15-17. Traduction relative et rapprochée du sens des versets]


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Published by Génération M - dans Sionisme-Antisionisme
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commentaires

Araberber 19/05/2010 14:39


L'origine non semite des juifs contemporains est decrite dans une encyclopedie (History of the Jews, Dubnow, Graetz) ainsi par Arthur Koestler (the 13th tribe, 1976) qui fut assassine par le
MOSSAD.Ainsi que Benjamin Freedman dans ''La Tyrannie Cachee''. La non presence d'aucune fossile ou autre trace du Judaisme sur toute la Palestine a ete expose par l'historien et Anthropologue
Shlomo Bellamy (Le Monde.2002)


David 17/08/2009 22:26

Très intéressant.
Merci.

Ibn Ajân 14/08/2009 20:17

Assalâmou 'alaykoum Sâ'id

Je te félicite pour ton excellentre analyse.

Je t'invite également à lire attentivement cet ouvrage de Benjamin Freedman à ce sujet :

http://www.the-savoisien.com/livres/Freedman%20H.%20Benjamin%20-%20Les%20%20Khazars,%

Médite bien et mesure par la suite les conséquences des faits énoncés dans le livre sur la pensée universelle actuelle à propos du "peuple élu".

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